Marcus : "Kalash c'est l'un des rares artistes qui va écouter au feeling..."

Marcus : "Kalash c'est l'un des rares artistes qui va écouter au feeling, sans penser avec une calculatrice...C'est le numéro 1"

Gervé Odzali , Romea et Loïc Nempa - 22 juin 2026

Découvrez la COVER du mois de juin 2026 avec Marcus : Un très bel entretient avec le jeune producteur, compositeur et beatmaker français d'origine guadeloupéen qui monte petit à petit mais en puissance dans le milieu de la musique Rap et Caribéens francophone. 

Il a déjà travailler avec plus d'une centaine d'artiste antillais comme le grand prête Admiral T, Meryl, Krys et Sizzla ainsi que des gros poids lourds du Rap français comme Rim'K, Manu Key, Alonzo, Disiz ou encore Damso. 

C'est en début juin 2026 qu'a eu lieu le shooting au Studio HH à Montreuil avec le photographe Kayano Film ; Avec aussi un jolie questionnaire proposé par Gervé Odzali, Romea et Super Papi Scandinave et enfin un design réalisé par Loïc Nempa ainsi qu'une présentation de MS Design pour Oodar Magazine. 

Marcus, de son vrai nom Marc Lowinski, vient récemment de collaborer avec la star antillaise francophone, Kalash 972, pour son nouvel album «Ex-Voto» disponible sur le site en Top nouveautés 2026 et sur toutes les plateformes de musiques.  

"Mon père, que son âme repose en paix, 
écoutait plutôt des musiques à «Vié Neg»..."

 

Oodar Magazine : Bonjour Marcus et bienvenue sur Oodar Magazine. Pourrais-tu te présenter pour tous ceux qui te découvrent ?

Marcus : Merci à Oodar Magazine. Moi c'est Marcus, compositeur, producteur et éditeur. Je fais de la musique de tous styles, je suis plutôt éclectique, avec une solide base Dancehall. Je fais également des one riddim, mais l'éclectisme c'est vraiment ce qui me définit.

 

À quel âge et comment tu t'es retrouvé dans la musique ?

Vers mes 16 ans j'ai commencé à composer. Je voulais passer du statut de simple auditeur à celui d'acteur. J'étais un gros consommateur de dancehall depuis l'enfance, et de rap aussi, alors j'ai eu envie de porter ma pierre à l'édifice. 

J'ai commencé en plaçant très tôt sur un projet de Manu Key de la Mafia K'1 Fry, que j'avais contacté directement. Ensuite tout s'est enchaîné naturellement.

 

Qu'est-ce que tes parents écoutaient comme musique à la maison quand tu étais enfant ?

Mon père, que son âme repose en paix, écoutait plutôt des musiques à «Vié Neg» comme disait ma mère pour rigoler, du Compas, du Gwo Ka, du Zouk. Ma mère elle était plus ouverte, avec Abba, Michael Jackson, Céline Dion, du ragga…Un peu de tout.

"Mon premier synthé m'a été offert 
par ma mère à Noël"

 

À quel moment tu t'es dit que tu voulais devenir compositeur, producteur et éditeur ?

Le déclic s'est produit lors d'une fête Hip-hop dans ma ville, je devais être au collège. Le son «Touch It» de Busta Rhymes passait avec cette grosse basse, et là je me suis dit qu'il fallait que je compose aussi. Depuis petit j'ai toujours été plus attiré par les instrus que par les chanteurs, les riddims de Lenky, Birch, Shams, Don Corleon et les instrus de DJ Mehdi, ça m'a vraiment formé.

 

Comment t'es-tu organisé pour te procurer tout ton matériel ?

Mon premier synthé m'a été offert par ma mère à Noël. Ensuite je faisais des jobs d'été pour pouvoir m'acheter Logic, une carte son, des synthés. D'ailleurs, anecdote, c'est pendant cette période que j'avais rencontré le compositeur Zeg-P, on a bossé quelques jours ensemble avant que je quitte l'entreprise. J'avais fini par accumuler pas mal de matériel, MPC, synthés…Mais finalement aujourd'hui j'utilise juste un ordinateur, Logic et un casque.

"Rim'K...Il était mon producteur pendant 4 ans"

 

Peux-tu me parler de ta collaboration avec Rim'K ?

Rim'K, le tonton légendaire. C'est une longue collaboration, c'est lui qui m'a signé à mes débuts chez Frenésik (Sony Music Publishing), il était mon producteur pendant 4 ans. Même sans contrat formel on est toujours restés en contact, il a toujours eu de bons conseils qui m'ont vraiment apporté dans ma carrière. 

Sans lui je n'aurais peut-être pas fait de one riddim. On a collaboré plusieurs fois ensemble, musicalement je me suis amusé et je suis très fier d'avoir pu faire des sons avec lui, c'est avec le groupe 113 que j'ai grandi musicalement et ce n'est sûrement pas fini...C'est une légende.

 

Qu'est-ce que tu as kiffé dans le travail de Disiz ? Et que penses-tu du gros single avec Théodora ?

La liberté artistique. Avec le temps j'ai compris que je m'entendais musicalement uniquement avec des artistes qui sont libres, qui ne sont pas esclaves de leur public. Avec Disiz j'ai pu me faire vraiment plaisir, et on a fait de beaux titres ensemble. En termes decréativité c'est quelqu'un de très riche, il m'a permis de montrer une autre palette musicale. 

Je l'ai eu récemment au téléphone à propos du disque de platine de Pacifique, donc peut-être qu'il y aura de nouveaux sons avec lui. Pour Mélodrama, c'est incroyable, je suis très content pour lui. Je lui ai dit qu'il allait devenir disque d'uranium à ce rythme, c'est une belle récompense pour tout ce qu'il a osé musicalement. 

Il est encore dans le top des ventes de singles, c'est du jamais-vu pour moi pour un artiste avec une si longue carrière.

 

Tu as travaillé aussi avec le rappeur marseillais Alonzo. Que penses-tu de son concert au Stade Orange Vélodrome ?

Je n'ai pas encore écouté son album, mais pour son concert j'ai vu quelques images sur Instagram. C'est beau de pouvoir faire ça dans sa ville, dans son stade, après tant d'années depuis Psy 4 de la Rime. C'est une belle récompense.

"Meryl est extrêmement talentueuse et 
elle met vraiment en valeur la musique caribéeenne"

 

Damso : tu penses qu'il y aura un album commun avec Kalash ?

Officieusement il existe un projet en commun entre Damso et Kalash, du moins énormément de titres ensemble, donc ça reste tout à fait possible. Ça peut sortir sous forme de singles ou d'un projet, je pense.

 

Meryl a remporté cette année La Flamme de la meilleure inspiration et meilleur morceau caribéen. Qu'en penses-tu ?

Vu son émotion lors de la victoire, on sent que plus le combat est dur, plus la victoire est belle. Je suis très content pour elle. Meryl est extrêmement talentueuse et elle met vraiment en valeur la musique caribéenne.

 

Selon toi, qu'est-ce qu'il manque aux Antilles pour que les artistes percent en francophonie ?

Je pense que c'est l'appui des médias et des radios nationaux, pour avoir les mêmes armes que tout le monde. En termes de musicalité il n'y a rien à dire. Heureusement qu'il y a les plateformes de streaming et d'autres moyens de faire parler de sa musique, parce que là où certains ignorent, la musique n'a pas de frontières.

"Je vois en lui une vraie culture, c'est le numéro 1. 
Gros respect pour le Mwaka Boss"

 

Tu es présent sur le nouvel album «Ex-Voto» de Kalash qui est maintenant disponible. Peux-tu nous parler de lui ?

Kalash c'est l'un des rares artistes qui va écouter au feeling, sans penser avec une calculatrice. Il bosse à l'instinct comme moi, en quête d'originalité et de challenge, je ne pouvais que m'entendre avec lui. Il a une grosse culture dancehall, c'est notre point commun, l'amour du dancehall. 

Moi j'excelle plutôt du côté des riddims, mais lui c'est une vraie bibliothèque, surtout sur la partie jamaïcaine.C'est une fierté de travailler avec lui parce que le monde entier doit le solliciter, c'est un honneur. 

Il me donne de la force depuis le début sur mes projets, là où d'autres réfléchissent avec une calculatrice et oublient ce qui a fait l'âge d'or du dancehall. Je vois en lui une vraie culture, c'est le numéro 1. Gros respect pour le Mwaka Boss.

"Une collaboration de deux boss dans leur style respectifs. Ça me touche d'autant plus que c'est 
avec Ninho..."

 

Tu as produit deux gros titres sur le nouvel album. Le single «18h33» et le morceau «Rien à célébrer» de Kalash en featuring avec Ninho. Comment s'est réalisée cette collaboration ?

J'avais un riddim, «Mové Tan», que j'avais fait je crois en 2024, ce ne sera pas un one riddim. Je l'avais envoyé à Kalash l'année dernière, il avait beaucoup aimé le son et décidé de le prendre pour son album. Un jour il me dit qu'il est en studio et qu'il va poser dessus avec un gros artiste, mais sans me dire qui, c'était la surprise. On m'a annoncé après. Et pour l'histoire, c'est Ninho lui-même qui avait choisi la prod, il y avait un autre son prévu pour lui mais il a voulu tester autre chose. 

Je suis très content de ramener un artiste dans une vibe hybride shatta comme ça, j'aime quand je surprends, c'est plus stimulant. Et le son est incroyable, une collaboration des deux boss dans leurs styles respectifs. Ça me touche d'autant plus que c'est avec Ninho, parce qu'à ses débuts on échangeait déjà sur X (ex Twitter) mais on n'avait jamais pu collaborer. La patience paie.

"Un concert historique pour son anniversaire et la sortie de son album.Un moment qui restera à jamais 
dans la légende."

 

Tu es parti, le 12 juin dernier, au grand concert de Kalash à Paris La Défense Arena. Comment as-tu trouvé l’événement ?

Oui, j’y étais hier soir avec ma mère. J’aime bien l’emmener à ce genre d’événements. C’était la première fois que je voyais un concert de Kalash, et aussi la première fois que je découvrais Paris La Défense Arena.

Franchement, que dire à part : incroyable. J’ai fait beaucoup de concerts dans ma vie, mais je n’en avais jamais vu un comme celui-là. La scénographie, l’ambiance, tout était au rendez-vous. Kalash sur scène, c’est un monstre. Vocalement, c’était impressionnant. Il était seul, sans danseurs ni danseuses, et pourtant il a assuré du début à la fin. Il a utilisé plusieurs scènes et différents spots pour rester proche du public. Il a même proposé un passage en mode sound system avec DJ Killerz, puis une séquence carnaval. C’était très émouvant.

Quand il a interprété le titre «18h33», c’était sublime. Il a aussi diffusé un extrait de «Rien à célébrer». De toute façon, les images parlent d’elles-mêmes, vous verrez ça par vous-mêmes. Je suis très content pour lui parce qu’au vu de tout ce qu’il a apporté à la culture, il mérite le meilleur et tout l’amour qu’il reçoit aujourd’hui. Je pense qu’il se souviendra longtemps de cette date : un concert historique pour son anniversaire et la sortie de son album. Un moment qui restera à jamais dans la légende.

Ce que j’apprécie aussi chez lui, c’est qu’il fait toujours un devoir de mémoire envers ceux qui ont contribué à la culture, que ce soit dans le DanceHall ou le Zouk. C’est important de ne jamais oublier ceux qui ont ouvert la voie et participé à construire ce mouvement. C’est aussi pour ça que les gens le respectent autant. Hier soir, c’était bien plus qu’un concert : c’était une véritable célébration de la musique, de la culture et de son parcours.

"Ceux qui me connaissent savent à quel point 
je suis un grand fan de Thierry Henry..."

 

Le footballeur international français, Champion du monde en 1998 et champion d'Europe en 2000, Thierry Henry a validé fortement le single «18h33». Qu'est-ce que cela représente pour toi ?

Ceux qui me connaissent savent à quel point je suis un grand fan de Thierry Henry. Pour beaucoup d’Antillais vivant en France, c’est bien plus qu’un simple footballeur : c’est un modèle, une légende du football. En tant que joueur moi-même, j’avais ses posters dans ma chambre, ses maillots, et j’essayais même de reproduire son style de jeu, ses déplacements, ses fameux plats du pied… J’ai grandi en l’admirant.

Alors savoir qu’il a validé le titre «18h33», c’est quelque chose de très fort pour moi. C’est la preuve de la puissance de la musique : on ne rencontre pas forcément les personnes qui nous inspirent, mais notre art peut voyager partout et toucher des gens qu’on n’aurait jamais imaginé atteindre. Recevoir cette reconnaissance de la part de quelqu’un que j’admire depuis l’enfance, c’est une immense fierté et une vraie source de motivation pour la suite.

"J'ai beaucoup écouté Maureen...
Lewismelo et Dcamp c'est très fort...Bamby j'aime bien"

 

Maureen, les enfants et jumeaux d'Admiral T, Bamby…Que penses-tu de ces nouveaux talents caribéens qui montent en puissance ?

J'ai beaucoup écouté Maureen, j'ai aimé sa fraîcheur dès ses débuts, surtout au niveau des instrus, c'est toujours ce que j'écoute en premier. Lewismelo et Dcamp c'est très fort, il a une large palette. Bamby j'aime bien. Plus il y aura de nouvelles propositions musicales, plus la musique caribéenne va s'enrichir, rayonner et durer.

 

Qu'est-ce que tu as prévu pour la rentrée 2026 et l'année 2027 ?

Je pense faire une pause, voire même arrêter les one riddim. J'en ai fait dix avec une centaine d'artistes, c'est un beau bilan. Je vais explorer d'autres choses. Pour le reste, il faudra me suivre.

 

Merci d'avoir répondu à toutes nos questions. Ton mot de la fin, Marcus ?

Merci à Oodar Magazine de vous intéresser à mon parcours. Je vous souhaite le meilleur. Merci à vous, auditrices et auditeurs, qui lirez cette COVER du mois de juin 2026. Pour finir, que la paix soit sur vous.

Vous aimerez aussi

HolyBrune nous dévoile son premier album anglophone «High Hopes»

La rédaction - 26 mai 2026

Le Oodar R&B du 22 mai 2026 : Avec Lynda et Imen ES !

La rédaction - 22 mai 2026

Information icon

Nous avons besoin de votre consentement pour charger les traductions

Nous utilisons un service tiers pour traduire le contenu du site web qui peut collecter des données sur votre activité. Veuillez consulter les détails dans la politique de confidentialité et accepter le service pour voir les traductions.